dimanche 20 avril 2008

Ces chiens errants qui déciment les troupeaux d'ovins et caprins


Avant, on prenait des chiens pour protéger le cheptel des renards. Aujourd'hui, ce sont les chiens qui sont devenus les principaux prédateurs pour les troupeaux d'ovins ». Eleveur de brebis sur la commune de Montegrossu, en Balagne, Jean-Marie Agostini sait de quoi il parle. Cette semaine encore, il a retrouvé vingt-quatre femelles adultes et quatre béliers, morts ou agonisants, égorgés par des chiens errants. Ce n'est pas la première fois que cela arrive et il sait très bien qu'il aura encore à subir des pertes. Comme beaucoup de ses confrères, en Balagne ou dans d'autres microrégions de l'île.Face à un problème qui devient récurrent, les éleveurs ovins tirent la sonnette d'alarme. Las d'en appeler à la responsabilité des propriétaires de chiens, ils entendent aujourd'hui demander aux pouvoirs publics de prendre des mesures pour enrayer ce fléau. Car, ces chiens, qualifiés d'errants, ne sont pas pour autant des animaux sauvages. Tous ou presque ont des maîtres. Aimants le plus souvent. Qui les laissent divaguer à leur guise. Principalement dans le monde rural. Livrés à eux mêmes, jour et nuit, les chiens se regroupent et forment de petites meutes. Qui s'en prennent quasi systématiquement aux troupeaux. Si certaines races (husky, bergers allemands, beaucerons et autres chiens de gros gabarits) ont un instinct de chasse plus prononcé, d'autres animaux, totalement dociles et inoffensifs, peuvent devenir agressifs dès lors qu'ils se déplacent en bande.

Attaques traumatisantes pour l'ensemble du cheptel
« La loi existe. Il suffit de la faire respecter. Nous ne pouvons plus tolérer que nos troupeaux soient ainsi décimés », s'indigne le berger. Outre les pertes animales, ces attaques à répétition laissent des traumatismes sur les troupeaux. Les bêtes, sous l'effet du stress, changent totalement de comportement. Parfois de manière définitive. C'est principalement le cas des ovins (voir les explications du vétérinaire par ailleurs); les chèvres, quoique également exposées, sont plus méfiantes, plus agiles, plus agressives. Et même si dans la plupart des cas, les assurances indeminsent les éleveurs, les dommages sont conséquents. Et la récurrence du phénomène peut générer des réactions de rejet vis à vis de la race canine. Même s'ils savent que ce n'est pas une solution, beaucoup de bergers avouent qu'ils n'hésiteraient pas à tuer des chiens pour protéger leur troupeau. « Souvent , lorsque nous découvrons nos bêtes égorgées le matin, les chiens sont déjà loin. Et même si on sait pertinement de quel animal il s'agit, il est difficile d'apporter des preuves formelles. Souvent aussi les propriétaires refusent d'admettre la réalité. » Il faut savoir aussi qu'un chien, même le plus inoffesnsif à la base, conservera son instinct prédateur après une première attaque. Et y reviendra quasi systématiquement. « Le renard peut nous prendre un agneau ou deux parce qu'il a faim. Les chiens tuent ou blessent les brebis pour rien. En moyenne, nous perdons au minimum 3 ou 4 brebis par trimestre. C'est beaucoup !» conclut Jean-Marie Agostini.
Isabelle VOLPAJOLA

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