vendredi 14 mars 2008

La Corse à livres ouverts à Paris


Pour les auteurs et les éditeurs corses, la 28e édition du Salon du Livre de Paris a un goût particulier et marque une embellie inédite. La Collectivité Territoriale de Corse, au-delà de ses actions aux différents stades de la chaîne du livre, a en effet choisi d'aller au-delà des représentations précédentes en investissant 100.000 euros dans l'opération. 100 m2 d'un stand attrayant et grand ouvert sur les travées du Salon, une communication cohérente, un logo nouveau, l'explication de la politique de la culture en Corse... mieux qu'une présence régionale, cette vitrine nouvelle illustre la vitalité et la diversité culturelles de l'île et on est loin des 26 m2 de stand occupés en 1996 par des éditeurs pionniers comme DCL de Jacques Guillard.

Acquansù : ancrage et rééditions
Mais si la Corse ouvre ses pages et offre, jusqu'à mardi, plus de lisibilité et d'espace à quatorze maisons d'édition et à trente-trois auteurs, c'est que cela correspond à une réalité économique et de création. Alors que le marché de la distribution du livre dans l'île est estimé à environ 10 M d'euros de chiffre d'affaires, on assiste depuis moins de dix ans à une diversification de l'offre éditoriale. S'il existait encore des lecteurs imaginant que le livre insulaire se limite à la cuisine du terroir, à la tradition, aux documents historiques et aux ouvrages politiques, ils seraient surpris de l'éventail des thématiques présentées. Un voyage en régions représentées à Paris place ainsi la Corse aux premiers rangs des stands, à l'égal des plus dynamiques, comme ceux de Picardie, Rhône-Alpes ou Languedoc-Roussillon.

Fidèles de la première heure
Parmi les éditeurs corses, on retrouve les fidèles de la première heure, comme Albiana, DCL Editions ou Alain Piazzola, président des éditeurs corses. Mais aussi quatre nouvelles maisons, Acquansù, créée à Ajaccio, les éditions Clémentine à Porto-Vecchio, Dumane à Bastia et Fior di Carta à Barretali. Acquansù, créée en 2005 par Véronique Schwab, auparavant éditrice dans le département Jeunesse et Educatif d'Hachette Multimedia, proclame son ancrage ajaccien - le village de Sari d'Orino - et une ligne éditoriale qui propose des livres d'histoire grand public, la réédition de textes littéraires oubliés - la collection Petite Bibliothèque Classique de la Corse, avec des écrits de Voltaire, Daudet ou James Boswell - la collection «Regards sur», livres d'images et documents sur les villes et villages. Une douzaine d'ouvrages ont déjà été publiés et la «petite» maison affiche son ambition : faire vivre la Corse au travers de textes inédits ou enfouis, redécouvrir sous des angles nouveaux la culture insulaire. La Corse tient donc Salon jusqu'à mardi. En toute vitalité éditoriale, loin des clichés et des complexes anciens, diverse, parfois audacieuse dans sa quête de manuscrits - l'exemple du roman policier - , consciente de la richesse de son fonds littéraire, recentrée sur sa production et ouverte sur le monde.

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