jeudi 5 juin 2008

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mercredi 4 juin 2008

Le dernier adieu à Pierre Coggia

Une foule nombreuse était présente hier au reposoir du centre hospitalier Notre-Dame de la miséricorde pour rendre un dernier hommage à Pierre Cogga prématurément disparu samedi dernier à l'âge de 43 ans. Dans cette atmosphère de tristesse et de douleur toute une jeunesse était venue pour accompagner l'ami, le sportif passionné de hand-ball, l'entraîneur, le syndicaliste. Toute une région lui a ensuite rendu hommage lors des obsèques célébrées à 15 heures à Sarrola6Carcopino où il repose désormais. À ses parents M. et Mme Félix Coggia, à Véronique son épouse, à ses fils, Marc-Antoine et Alexandre, à son frère, Jean-Paul Coggia, sa belle-sœur Véronique et ses enfants, Corse-Matin renouvelle ses condoléances en ces tristes circonstances. De nombreux témoignages Par ailleurs, A Chjama Naziunale indique «s'associer avec beaucoup d'émotion et de tristesse à la douleur de la famille et des proches de Petru Coggia. Elle rend hommage au militant de toujours, à l'homme engagé et disponible, à l'ami. Les souvenirs des moments partagés avec Petru, resteront à jamais gravés dans nos mémoires. Avvèdeci o Pé.» De même, «l'ensemble des membres du bureau du l'UNS2A SDIS2A ainsi que les personnels du SDIS2A ont été très affectés par le décès de notre camarade et ami du STC Pierre Coggia. Nous assurons, sa famille, proches, et ses collègues de notre plus profond regret et nos condoléances attristées.»

Trafic perturbé aujourd'hui sur les lignes SNCM et CMN

Les rotations maritimes entre la Corse et le continent devraient être perturbées aujourd'hui, en raison d'un appel à la grève, lancé par le syndicat CGT. Plusieurs traversées sont en effet prévues notamment entre Marseille et Bastia (Kalliste et Danielle Casanova), Ajaccio (Paglia Orba), Ile-Rousse (Monte Cinto) et Porto-Vecchio (Monte d'Oro). Les marins CGT de Marseille ont déposé un préavis qui prend effet ce jour, à 8 heures, à l'arrivée des navires dans les ports. Le syndicat est opposé à la création d'un terminal mixte (passagers et marchandises), destiné aux autoroutes de la mer, sur le domaine public de port de Marseille, dont les deux compagnies (SNCM et CMN) seraient écartées. Pour les marins « l'enjeu est de permettre un co-développement industriel des deux compagnies et de pérenniser les missions de service public maritime entre la Corse et le Continent, et le développement des liaisons sur l'Afrique du Nord.» Selon Frédéric Alpozzo, secrétaire général du syndicat CGT « les autoroutes de la mer, c'est important pour nos professions, à la fois sur la Corse et sur le Maghreb. » Hier soir, les négociations entamées entre le syndicat et la direction se poursuivaient encore.

L'ANPE de Bastia visée... à la carabine

Grosse frayeur vendredi dernier, pour les agents de l'ANPE de Bastia. Le bâtiment a été pris pour cible par un individu âgé 28 ans qui tirait... à la carabine, depuis un immeuble voisin. Une dizaine d'impacts de plomb ont en effet été découverts sur la façade. Les policiers de la sécurité publique du commissariat de Bastia sont rapidement intervenus et l'individu a été interpellé. Il aurait reconnu les faits et précisé qu'il n'avait pas de grief contre l'agence pour l'emploi. Il a été remis en liberté dans l'attente d'être jugé devant le tribunal correctionnel de Bastia. Le syndicat FO a réagi après ces faits et indiqué dans un communiqué : « Si les premières constatations laissent penser à un acte imbécile, sa gravité et les conséquences irréversibles qu'il aurait pu engendrer ne doivent pour autant pas être éludés. Le syndicat FO ANPE Corse condamne fermement cet acte qui, s'il est le reflet d'une société insulaire en pleine déliquescence illustre également la dégradation progressive des conditions de travail des agents de l'ANPE. »
S. C.

La colère monte chez les pompiers de Bastia


Conférence de presse devant la caserne de Bastia, distribution de tracts aux automobilistes, les sapeurs-pompiers CGT, STC et les personnels non syndiqués de Bastia ont manifesté leur ras-le-bol hier matin. Ils réclament au président du SDIS de tenir les engagements pris au mois de mars dernier, au terme de plusieurs journées de blocage et d'actions. Leurs revendications sont multiples. Ils veulent plus de moyens sanitaires, un parc de véhicules adaptés au centre ancien de la ville, le remplacement de quatre sapeurs-pompiers professionnels, la remise à niveau du casernement. Et pas seulement. « Depuis deux mois, c'est le statu quo. Nous dénonçons des carences mais notre administration ne nous entend pas. Notre travail n'est absolument pas considéré », déplore Lucien Rossini, membre du syndicat STC.

Des inquiétudes sur le sauvetage déblaiement
« La situation s'est même dégradée depuis le précédent conflit puisque la direction veut que nous abandonnions le sauvetage déblaiement. Il s'agit de pompiers spécialisés pour intervenir sur un effondrement d'immeuble par exemple. Lorsque l'explosion de gaz s'est produite dans la rue Droite ce sont ces équipes-là qui sont intervenues. L'administration n'a pas conscience des réalités », estime Christian Malpelli, du syndicat CGT. Les sapeurs-pompiers bastiais attendent désormais une réaction de Paul Giacobbi, et réclament la signature du fameux protocole. Tous sont déterminés à obtenir gain de cause d'autant qu'ils viennent de recevoir le soutien des unions départementales STC et CGT. « Au mois de mars, le président a déploré que le conflit tombe en période électorale. Peut-être nous opposera-t-il la période estivale cette fois », ironise Christian Malpelli. De nouvelles actions ne sont donc pas à exclure.

Les seniors, une clientèle de grands voyageurs à dorloter


Rien ne les arrête, ils sont prêts à aller au bout du monde : à défaut de jambes solides, les touristes seniors ont des ailes qui les emportent d'un bout à l'autre de la planète. Ils apportent un complément substantiel aux professionnels du tourisme en avant et en arrière-saison, périodes qu'ils privilégient car ils craignent les températures et les tarifs trop élevés ainsi que les grands flux touristiques. Selon l'observatoire national du tourisme, 40 % des 50 ans et plus choisissent la France pour leurs vacances et en particulier la région Paca ou Rhône-Alpes. Lorsqu'ils choisissent d'aller à l'étranger, les seniors se dirigent prioritairement vers l'Espagne, les Dom-Tom, le Maroc et les USA. Leur poids économique est assez considérable car ils disposent d'un pouvoir d'achat substantiel : les plus de 60 ans ont élevé leurs enfants, payé leur maison, leur endettement est le plus faible de toutes les tranches d'âge.

Des forfaits séjour
Il faut distinguer en fait trois types de touristes du 3e âge selon Daniel Charavin, de l'ATC (Agence de tourisme de Corse) : « D'une part, ceux qui voyagent en groupes déjà constitués, ce sont par exemple des membres d'un même club, des gens qui ont les mêmes affinités et achètent un produit complet. Il y a d'autre part les seniors qui voyagent ensemble mais ne se connaissent pas, et enfin, ceux qui fonctionnent en individuels. Ce sont généralement des actifs qui se déplacent à deux ou trois couples et organisent eux-mêmes leurs déplacements. » Dans les deux premiers cas, on est en présence d'une clientèle très structurée, qui suit le groupe. « Toutes les prestations sont réglées d'avance, souligne Daniel Charavin. Les mini groupes autonomes, en revanche, sont plus intéressants en matière de retombées économiques, ils viennent souvent avec leur véhicule, consomment à la nuitée. « La durée moyenne de séjour des seniors est de 11 jours.

Des continentaux et des Allemands
En Corse, les migrations des personnes du 3e âge débutent traditionnellement à Pâques, précise Jean-Marc Ettori, de l'agence Corsica Tours à Porto Vecchio. « Cette année, il y a eu un décalage en avril, car les fêtes pascales étaient fixées en mars. Cette clientèle fréquente la Corse jusqu'à fin juin, mais depuis peu elle s'attarde jusqu'à la mi-juillet car les hôtels ne font pas le plein en cette période et offrent des tarifs attractifs. Ensuite la saison reprend pour eux à partir du 28 août jusqu'au 15 octobre et au-delà. On trouve 60 % de continentaux et 40 % d'étrangers, principalement des Allemands qui se déplacent beaucoup et ont un bon pouvoir d'achat. Ensuite, on trouve dans l'ordre, des Italiens, des Belges, quelques Anglais, Suisses, Slovènes et Tchèques. » C'est Bonifacio qui concentre le plus gros du transit : 90 % des gens qui arrivent en groupes en Corse y font halte, « c'est le lieu de passage obligé, certains jours on peut compter jusqu'à 40 autobus sur le parking ».
Hélène ROMANI

mardi 3 juin 2008

Bergeries de Murtoli : le juge des référés renvoie toutes les parties devant le TGI

A l'issue de l'audience qui opposait Anne de Carbuccia à Paul Canarelli concernant la maison tour de Murtoli, le président Guy Jean avait demandé : « Comment dit-on sac de nœuds en langue corse ? » L'affaire est compliquée et dure depuis des années.
Propriétaire de la SARL Bergeries de Murtoli, Paul Canarelli affirme qu'il louait cette maison à son précédent propriétaire Paul d'Ortoli en vertu d'un bail verbal et produit des chèques encaissés au titre de ce loyer.
Acheteuse de la maison en 2001 par le biais d'une SCI d'Ortoli dans un premier temps laquelle vend à la société Petru Pan dans un second temps, Anne de Carbuccia, estime pour sa part qu'aucun contrat ne la lie à Paul Canarelli et demande son expulsion de la maison. Avant d'arriver devant la justice l'affaire s'est envenimée entre les deux parties.
Anne de Carbuccia accuse Paul Canarelli de menaces et s'insurge contre le changement des serrures. Ce dernier attaque la vente de la maison au motif qu'elle n'a pas été publiée au conservatoire des hypothèques.
Dans une ambiance qui s'est tendue au fil des mois, le juge des référés devait juger, au vu des très nombreuses pièces fournies par les deux parties mais également par les conseils de Paul d'Ortoli. Hier, il a décidé que l'affaire devait aller devant le tribunal de grande instance et être jugée au fond. Il a donc débouté les parties de leurs demandes de dommages et intérêts et des demandes de sortie des lieux sous astreinte émise par Anne de Carbuccia. Il a même précisé que pour l'heure, le bail est suspendu et non pas résilié. Ce qui confirme, de facto, l'existence du bail.

La bataille judiciaire se poursuit
Cet épisode est loin de clore l'affaire. Il est clair maintenant qu'elle sera jugée au fond au terme d'une procédure qui sera encore longue. Une autre bataille est en cours.
Par le biais de son conseil, Marc Maroselli, Anne de Carbuccia avait demandé et obtenu du juge de l'exécution une saisie conservatoire sur les comptes personnels et professionnels de Paul Canarelli. Ce dernier compte bien faire lever cette mesure.
Isabelle Luccioni

Extorsion de fonds : trois hommes interpellés à Olmeto

Les habitants d'Olmeto ont été réveillés hier au petit matin par une intervention de nombreux gendarmes de la section de recherches dans plusieurs maisons de la commune. Trois hommes ont été interpellés dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte par le parquet d'Ajaccio. Ils sont soupçonnés d'avoir proposé des services de gardiennage de villas et ont été placés en garde à vue. Des perquisitions ont été effectuées à leurs domiciles. L'enquête préliminaire du parquet a été ouverte pour « exercice d'une activité de surveillance sans agrément préfectoral et extorsion de fonds ». Dans cette procédure qui ne relève pas de la lutte contre le terrorisme le temps de garde à vue est de 24 heures renouvelable une fois.

Le CAR s'insurge
Le CAR a immédiatement réagi à ces interpellations en « dénonçant les pratiques de la police » et en appelant, dès hier soir, l'ensemble de ses militants et sympathisants à un rassemblement devant la caserne d'Aspretto.
Dans le même communiqué le CAR considère que cette affaire n'est que l'un des volets d'une « volonté de criminaliser les militants nationalistes ». Il estime que ces interpellations vont dans le même sens que l'appel interjeté par le parquet après le jugement de relaxe au bénéfice des militants du Rinnovu dans l'affaire de l'incendie de la CTC. Le CAR considère que cet appel « porte la marque des autorités gouvernementales » et estime que cette nouvelle action du parquet relève d'un « acharnement ».

Obsèques de Pierre Coggia aujourd'hui à Sarrola

L'enquête en recherche des causes de la mort qui avait été ouverte après la chute mortelle de Pierre Coggia d'une fenêtre de l'hôpital a connu un début de conclusion hier. Le parquet d'Ajaccio confirme que l'autopsie et les auditions des différents témoins des faits, s'ils confirment l'accident, n'apportent pas beaucoup de réponses sur les circonstances. En fin de matinée, la victime a été rendue à sa famille. Et tandis que de nouveaux témoignages de peine et de solidarité parvenaient à notre rédaction (voir par ailleurs), le temps du deuil a pu enfin commencer.La levée du corps aura lieu cet après-midi à 15 heures au reposoir du centre hospitalier de la Miséricorde à Ajaccio. Les obsèques suivront à 16 heures, à Sarrola-Carcopino. En ces terribles circonstances, Corse-Matin renouvelle ses condoléances à toutes les personnes que cette tragédie plonge dans l'affliction.